Les épithéliums sont les tissus les plus communs chez les animaux et remplissent diverses fonctions: définition et maintien de la forme du corps, protection contre les agressions chimiques, physiques et biologiques, sécrétion, détection et interaction avec l’environnement, absorption des nutriments. Plusieurs équipes de l‘IBDM étudient différents aspects du développement et de la physiologie des épithéliums, en utilisant une large gamme d’organismes modèles (Drosophile, Xénope, C. elegans, souris, organoïdes, lignées cellulaires…).

Un étrange nouveau venu, le Placozoaire Trichoplax adhaerens, est maintenant en train de rejoindre cette ménagerie. Trichoplax est un petit animal marin d’une grande simplicité anatomique et histologique. Composé presque exclusivement de cellules épithéliales ciliées organisées en deux feuillets qui délimitent une cavité interne, il ne possède pas d’organe ni d’axe du corps bien défini. Malgré cette apparente simplicité, Trichoplax présente des caractéristiques surprenantes qui le rendent unique parmi tous les animaux, notamment une plasticité morphologique extrême, qui lui permet de changer complètement de forme en quelques minutes, et une grande capacité à réparer efficacement et rapidement d’importantes blessures mécaniques. Les bases cellulaires et moléculaires de ces phénomènes restent totalement inexplorées, bien qu’elles soient probablement liées à l’absence de lame basale et de tout autre type de jonctions intercellulaires autre que des très petites jonctions adhérentes.

Andrea Pasini, dans l’équipe Le Bivic, a récemment obtenu un financement du programme CNRS “Diversité des Mécanismes Biologiques”, pour étudier la plasticité épithéliale de Trichoplax. L’étude de cet organisme très divergent d’un point de vue évolutif nous permettra d’en savoir plus sur les processus et mécanismes de l’évolution et de la diversification épithéliale chez les animaux.

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