Dans une étude publiée dans PLOS Biology, Karine Narbonne-Reveau et Cédric Maurange identifient une voie de signalisation qui met un terme à la capacité de régénération des tissus embryonnaires chez la drosophile.

 

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Régénération de l’aile : Différents degrés de régénération de l’aile chez la mouche adulte après ablation de la future partie de l’aile pendant les stades larvaires. Au centre : disque imaginal d’aile larvaire après induction de mort cellulaire dans la future partie de l’aile. L’ADN des cellules est marqué en blanc, la future partie de l’aile en vert, les cellules en apoptose en rouge et les cellules en division en bleu.

Bien que certains organismes, comme les hydres, soient dotés de capacités de régénération remarquables tout au long de leur vie, la plupart des animaux, y compris les mammifères, présentent des capacités très limitées, voire nulles de régénération et de réparation de leurs organes. Généralement, ce potentiel régénératif est présent au début du développement mais diminue progressivement au fur et à mesure que l’organisme progresse dans son développement. Malgré le besoin essentiel de comprendre comment la régénération est progressivement perdue au cours du développement pour concevoir des approches thérapeutiques visant à faciliter la régénération d’un tissu endommagé tout au long de la vie, les mécanismes impliqués dans cette perte sont en grande partie inconnus. Nous avons tiré parti du puissant système génétique qu’est la mouche drosophile, qui comme les mammifères subit une restriction de sa capacité régénérative lors du développement. En particulier, les disques imaginaux chez la larve, précurseurs des organes adultes, peuvent se régénérer complètement s’ils sont endommagés au début du développement larvaire, mais perdent cette capacité si ces dommages sont induits vers la fin de développement larvaire. Notre travail a permis de montrer que la restriction du potentiel régénératif à la fin des stades larvaires est dûe à la production d’une hormone stéroïdienne, l’ecdysone. En manipulant génétiquement la voie de signalisation à l’ecdysone, nous pouvons découpler les capacités de régénération de la progression du développement. En outre, nous montrons que la production d’ecdysone déclenche une transition au niveau de l’expression de deux facteurs de transcription, Chinmo et Broad: alors que Chinmo maintient un état indifférencié au début du développement, Broad active la différenciation à la fin du développement et ce changement restreint les capacités de régénération des tissus larvaires. Notre travail identifie donc un signal développemental clé qui limite le potentiel de régénération des insectes et ouvre de nouvelles perspectives pour élucider la façon dont les programmes de transcription autorisant la régénération sont verrouillés à mesure que le développement progresse.

 

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